Une cinquantaine de personnes ont assisté à la réunion publique organisée par le NPA jeudi 14 mai. Après une intervention de Stéphanie RIO, enseignante et militante havraise, qui a expliqué les raisons de notre engagement dans cette campagne électorale dans un contexte marqué par de nombreuses luttes, Christine POUPIN est revenue sur le programme politique que nous entendons défendre lors de ces élections.

Face à la crise économique, elle a réaffirmé que la priorité reste pour nous la construction d’un mouvement de masse contre la politique du Medef et du gouvernement qui veulent faire payer la crise par les salarié-e-s, les chômeurs et les jeunes. L’enjeu est bien de dire haut et fort, dans la rue comme lors du vote le 7 juin, que « nous ne paierons pas leur crise ! ».

Les mesures que le NPA met en avant sont claires : interdiction des licenciements, augmentation de tous les revenus de 300 €, SMIC à 1500 € nets, nationalisation du système bancaire, défense des services publics etc. Nous défendons l’harmonisation sociale, fiscale, par le haut au niveau européen. En matière de droits, de la même façon, il s’agit de s’appuyer sur les acquis obtenus dans certains pays : pour le droit à l’avortement libre et gratuit ou encore sur les violences dont les femmes sont victimes. Enfin la crise écologique impose des mesures radicales pour rompre avec un modèle de développement qui nous entraine vers une catastrophe. Face au réchauffement climatique, Christine a rappelé que le NPA n’entend pas choisir entre les gaz à effets de serre et le nucléaire. Nous voulons en finir avec ces énergies polluantes et dangereuses, pour la population comme pour les travailleurs de ce secteur, et développer les énergies renouvelables. Ce qui implique d’en finir avec la loi du profit : EDF, Suez ou Total font des milliards de profits (4,2 pour EDF, 14 pour Total en 2008). La population et les travailleurs doivent décider de quelle énergie il faut produire. C’est également ce qu’a rappelé le camarade d’EDF qui est intervenu pour faire le point sur la lutte des électriciens et gaziers. La production à la centrale thermique du Havre est à l’arrêt depuis le 20 avril. Le 14, 400 agents de Normandie ont mené des actions à Caen avec une coupure de courant sur tout le centre ville.

Le débat s’est ensuite ouvert avec la salle. Plusieurs personnes ont souhaité avoir des explications sur le choix du NPA de mener cette campagne séparément du Front de gauche (qui rassemble notamment le PCF et le Parti de gauche de Mélenchon). Certains ont regretté cette division en expliquant qu’il aurait été utile de pouvoir prolonger l’unité réalisée autour du NON au traité constitutionnel. Christine Poupin est alors revenue sur les raisons qui ont conduit à cette situation : le Front de gauche a refusé de s’engager sur une unité durable, valable tous les jours dans les luttes et pour les élections. Le NPA avait proposé que l’unité se fasse pour les européennes mais aussi pour les élections régionales de 2010. Le PCF et le PG souhaitaient eux s’engager seulement pour les européennes. Le véritable désaccord est connu : il réside dans l’attitude vis à vis du PS. En 2009 le Front de gauche fait campagne de façon indépendante du PS (et encore, à Perpignan le PCF a choisi de s’allier au PS dès le 1er tour de l’élection municipale…) mais en 2010 le PCF aura besoin du PS pour préserver ses élu-e-s. Pour notre part, nous avons fait le choix de la clarté et de la cohérence.