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Le NPA du Havre publie de nombreux articles. Que ce soit des tracts, des affiches, ou encore des articles sur l'actualité du Havre ou de la région. Ils sont regroupés dans cette catégorie.
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Dossier du NPA sur les retraites.
Retrait du projet de loi !
Edito
Le gouvernement ne ménage aucun effort pour faire diversion, pour parler et faire parler d’autre chose que la contre-réforme des retraites et l’affaire Woerth-Bettencourt dans laquelle est impliqué le principal artisan de sa mise en application.
Tous les terrains, tous les prétextes sont bons: Exploitation politique des faits divers, nomination de préfets policiers, volonté de déchoir les étrangers naturalisés de la nationalité française, expulsion et répression de mal-logés, démantèlement des camps des « gens du voyage », discours les plus rétrogrades pour refuser toute expérimentation de centres de consommation de drogues supervisés ...
Directement inspirée de celle du front national, cette politique ne peut que diviser les plus pauvres, dresser les uns contre les autres les plus opprimés, détruire la solidarité et l’espoir et renforcer l’extrême droite. Il ne faut rien laisser passer de cette politique de la haine et assurer le succès des manifestations appelées par près de 50 organisations le 4 septembre pour y affirmer la solidarité des travailleurs tout en refusant de glorifier la République et «le nécessaire respect de l’ordre public».
Cette droite est minée par les scandales, divisée, et surtout terriblement illégitime. Toutes ces gesticulations sécuritaires, racistes, réactionnaires sont celles d’un pouvoir affaibli certes mais déterminé à nous faire payer la crise du capitalisme, à nous imposer l’austérité et en premier lieu sa contre-réforme des retraites. Mais l’allongement de la durée de cotisation, le recul de l’âge légal de la retraite et au bout du compte la baisse des pensions sont massivement rejetés. Il y a urgence à remettre la question sociale au cœur du débat politique.
Faisons échouer la manœuvre de diversion du gouvernement en faisant du 4 puis du 7 septembre une réussite. Par une grève massive le 7 septembre, dans tous les secteurs publics ou privés, par une participation aux manifestations de toutes et tous, salarié-es ou privé-es d’emploi, précaires, jeunes, retraité-es... nous allons remettre la mobilisation sociale sur le devant de la scène...
Dans la foulée, il s’agit de construire un mouvement social puissant pour gagner, pour faire reculer ce gouvernement, pour imposer le retrait du projet de loi. En matière de discrimination comme de destruction de nos droits sociaux, ce gouvernement n’a aucune limite... sauf celle que notre mobilisation sera capable de lui imposer. C’est l’enjeu de cette rentrée !
La démographie, un problème ?
Certes, il y avait 11 millions de retraités en 2000, ils devraient être 21 millions en 2040 du fait de l’allongement de la durée de la vie et de l’arrivée à l’âge de la retraite de la génération du « baby-boom ». Les derniers-nés de cette génération arriveront à la retraite entre 2036 et 2040. Ce seront ensuite les classes creuses qui y parviendrons et le nombre de retraités diminuera.
Les rapports officiels d’où sont tirées les prophéties catastrophiques évoluent très vite et sont pleins d’incertitudes : difficile de prédire par exemple combien des femmes qui ne sont pas encore nées auront d’enfants !
Au total, la population en âge de travailler serait stable de 2006 à 2050. Entre 1960 et 2000, la part de la richesse nationale (le PIB) consacrée au financement des retraites par répartition avait augmenté de 8% . Pourquoi serait-il impossible de l’augmenter à nouveau, alors que la richesse va doubler en 40 ans (de 1 700 à 3 400 milliards d’euros) et que les besoins pour les retraites nécessiteraient une progression de la part du PIB de 6 % d’ici 2050 ?
Il n’y a pas lieu de construire un scénario catastrophe sur « le choc démographique » car les richesses existent. Financer les retraites est un choix politique.
Le total des cotisations pour les retraites (public/privé) est, aujourd’hui, autour de 200 milliards d’euros par an. Une augmentation des salaires de 300 euros et un emploi pour les chômeurs se traduirait tout de suite par plus de 30 milliards de ressources en plus pour payer les retraites, bien au-delà de tous les « déficits. » La vraie question c’est bien la répartition des richesses.
Le « déficit » est voulu
Le prétendu déficit de la branche vieillesse de la Sécurité sociale de 8,1 milliards d’euros en 2009 augmenterait fortement les prochaines années.
Les premiers responsables, ce sont le chômage et la précarité dont sont victimes 7 millions de personnes en France.
Que le patronat et le gouvernement commencent par cesser de licencier, de bloquer les salaires, de supprimer des emplois dans la fonction publique et offrent un véritable emploi à tous ceux qui sont en âge de travailler !
Le « déficit » c’est aussi le pillage de la Sécurité sociale, notamment l’explosion des exonérations des cotisations patronales et la diminution depuis 30 ans de cette part patronale.
Un projet de loi injuste !
Le report de l’âge légal de départ en retraite de 60 à 62 ans :
C’est la mesure phare répondant, selon le patronat et le gouvernement , au soit-disant problème démographique c’est-à-dire à l’allongement de l’espérance de vie. « On vit plus longtemps on doit donc travailler plus longtemps ». C’est une véritable régression qui pourtant selon le Conseil d’Orientation des Retraites dans son dernier rapport de mai 2010 ne répondra en rien ou peu au problème de financement des retraites dans les années qui viennent.
En allongeant l’âge légal du départ en retraite, patronat et gouvernement « oublient » qu’à 35 ans, qu’un cadre peut espérer vivre 46 ans mais un ouvrier seulement 39 ans et que l’espérance de vie en bonne santé n’est que 64,2ans pour les femmes et 63,1 ans pour les hommes. Dans leurs prévisions, ils misent sur un taux de chômage « structurel » d’au moins 7 %. Ils prétendent mettre au travail les aînés alors qu’ils prévoient de maintenir au chômage les plus jeunes ! Et pour les « seniors » forcés de rester au boulot, pas question de vrais emplois mais des « emplois vieux », mal payés et précaires !
La durée de cotisation sera portée à 41, 5 ans en 2020 :
Avec 41 années de cotisation les 3⁄4 des salariés du secteur privé ne sont plus au travail à l’âge de la retraite. Ils sont soit au chômage, soit en maladie, soit en invalidité. Ces annuités validées au titre des périodes de chômage, maladie ou invalidité ne seront pas dans les 25 meilleures annuités !
Allonger la durée de cotisation revient à diminuer encore une fois le montant des retraites.
Alignement du taux de cotisation du public sur celui du secteur privé
Pour soit disant une question d’équité, le projet de loi prévoit d’augmenter le taux de cotisation du secteur public et de certains régimes spéciaux de 7,85 % à 10,55 %. Ce qui revient en fait à baisser les salaires des fonctionnaires de 3 % en 10 ans par l’augmentation des cotisations salariales. Pourtant, à salaire égal, fonctionnaires et salariés du privé touchent des pensions comparables.
Report de 2ans de l'âge annulant la décote:
Les salariés aux carrières incomplètes (majoritairement les femmes) devaient attendre 65 ans pour ne pas subir une décote pouvant atteindre 25 % du montant de la pension. Avec ce projet de loi, elles devront rester dans la précarité jusqu’à 67 ans pour éviter toute décote. C’est une nouvelle fois les plus précaires, les plus fragilisés qui feront les frais de cette contre réforme.
Pénalisation des carrières longues:
Le dispositif de la loi de 2003 avait permis aux salariés ayant commencé à travailler tôt de partir avant 60 ans : 100 000 par an en avaient bénéficié. Le gouvernement ayant jugé que c’était trop, avec la nouvelle réforme, il leur faudra attendre deux ans de plus, et le nombre de bénéficiaires sera diminué de moitié dès 2011.
Individualisation de la pénibilité:
Désormais la retraite à 60 ans ne sera autorisé qu'à condition que «l'usure professionnelle» soit constatée individuellement. Le gouvernement donne ainsi pleine satisfaction au patronat en n’envisageant de prendre en considération la pénibilité du travail qu’au cas par cas, laissant le soin au salarié de faire la preuve médicale qu’il est usé. La retraite devient ainsi une affaire de gestion individuelle dans laquelle le droit collectif à la protection disparaît, et la pénibilité du travail est ramenée à la question du handicap physique, puisqu’il faudra un taux d’incapacité au moins égal à 20% pour que cette notion soit reconnue.
Toutes ces mesures répondent point par point aux exigences du Medef et des classes dirigeantes. Elles ont pour objectif d’aggraver le partage, déjà inégal, de la richesse produite entre le capital et le travail et, malgré la crise et la récession, de maintenir les profits, les dividendes et les hauts revenus d’une minorité de privilégiés
Inacceptable !
La dégradation du niveau des pensions
Selon l’officiel Conseil d’Orientation des Retraites, le « taux de remplacement » (niveau des pensions par rapport aux salaires) passerait de 72 % aujourd’hui à 59 % en 2050 !
Le montant des retraites n’est plus indexé sur les salaires mais sur les prix depuis plus de vingt ans. En pratique, cela se traduit par une érosion croissante de la valeur réelle des pensions. Dès aujourd’hui, la majorité des re- traités survit plutôt qu’elle vît décemment de sa retraite. Plus d’un million de retraités vit sous le seuil de pauvreté et 50% touchent une pension inférieure à 1 000 d’euros.
Les retraités sont les premières victimes de la baisse des remboursements des dépenses de santé par la Sécu: accroissement des cotisations aux assurances complémentaires, « franchises », le niveau des pensions va contraindre une majorité des retraités à limiter ses soins, alors que les besoins augmentent.
Les femmes sont les premières victimes des attaques sur les retraites !
La discrimination qui touche leurs salaires est amplifiée sur le montant de leurs retraites !
Elles sont, à 75 %, les « bénéficiaires » du « minimum vieillesse ».
Leurs pensions, inférieures de 40 % à celles des hommes sont davantage pénalisées par l’allongement de la durée de cotisations.
Petits boulots, temps partiels, interruption de carrière pour élever les enfants sont avant tout leur lot. Pour elles, la possibilité d’avoir une carrière complète et donc une retraite décente est faible !
Dans la Fonction publique, la réforme de 2003 a scandaleusement réduit les droits des femmes. Les mères d’enfants nés avant 2004 n’ont de « bonus » d’un an que si elles étaient fonctionnaires au moment de l’accouchement. Les femmes inactives, en disponibilité, non-titulaires ou travaillant dans le privé ont perdu ce droit tout comme une partie des étudiantes.
Financer les retraites, c’est possible !
Les ressources existent. Le « problème » des retraites est celui d’un choix politique. Une part croissante des richesses produites est accaparée par une minorité de privilégiés. Le patronat et les gouvernements de droite et de gauche ont réussi depuis 25 ans à faire chuter de 10 % la part des salaires dans la richesse créée et ainsi d’accroître d’autant la part des profits.
Il faut donc prendre sur ces profits pour financer les retraites, c’est-à-dire :
- Pour en finir avec le chômage, partager le travail entre tous et toutes, interdire les licenciements, arrêter les suppressions et créer les postes nécessaires dans la fonction publique (santé éducation...)
- 100 000 chômeurs en moins, c’est 1,3 milliard d’euros de cotisations en plus.
- Du travail pour les 5 millions de chômeurs apporterait 65 milliards d’euros à la protection sociale.
- Augmenter les salaires
- 300 euros d’augmentation des salaires c’est 66 milliards d’euros pour la Sécu dont 31 pour les retraites.
- Augmenter les cotisations «patronales»
- 1 % de cotisation déplafonnée rapporte 4,9 milliards d’euros à la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse.
- Mettre fin aux pillages de la Sécurité sociale
- L’Etat et les patrons doivent rembourser toutes leurs dettes (2,15 et 3,6 milliards d’euros en 2008).
- Les dispositifs qui échappent aux cotisations sociales et individualisent les salaires doivent être intégrés à la masse salariale (apport de l’intéressement et de la participation : 6 à 8 milliards d’euros).
- Les cotisations sur les stock-options apporteraient 2,4 à 4,8 milliards d’euros.
Trois exigences inséparables
Le droit à la retraite à 60 ans maximum, à 55 ans pour les salariés ayant subi des travaux pénibles et ceux qui sont affectés par la dégra- dation des conditions de travail ;
- La pension doit être la continuité du salaire. Elle doit être à 75 % du salaire brut, calculée sur les six meilleurs mois de salaire ;
- La durée maximale pour bénéficier de la retraite doit être de 37,5 annuités de cotisation, en incluant les périodes de pertes d’emplois, d’apprentissage, de formation et d’études à partir de 18 ans.
Ceci implique l’abrogation de toutes les mesures depuis 1993 concernant la retraite Sécu et les régimes complémentaires.
Unification des régimes de retraite uniquement par le haut pour le financement, pour plus de cotisations:
- Un CDI à temps plein pour tous et toutes, avec un temps de travail à 32 h et moins si nécessaire !
- Augmentation de tous les salaires et revenus de 300 euros nets pour tous ;
- Augmentation la part « patronale » des cotisations.
Non aux retraites de misère
- Indexation des retraites sur les salaires et non sur les prix ;
- Revalorisation immédiate des retraites de 300 euros nets ;
- Pas de retraites en dessous du SMIC revendiqué (1500 euros net) ;
- Compensation des inégalités entre les hommes et les femmes ;
Université d'été 2010 du NPA: les inscriptions sont ouvertes !
L’université d’été du Nouveau Parti anticapitaliste est notre grand rendez-vous de l’année avant le congrès. C‘est donc un moment important pour prendre du recul sur une année très chargée, et échanger entre militant-e-s et sympathisant-e-s, ainsi qu’avec nos invité-e-s du mouvement social ou de la gauche anticapitaliste venu-e-s de toute la planète.
Le NPA veut en finir avec le capitalisme parce que celui-ci mène l’humanité et la planète à leur perte, et parce que nous voulons une société sans exploitation. C’est dans ce sens que, dans ses principes fondateurs, le NPA s’est assigné la tâche de contribuer à l’invention d’un « socialisme du XXIe siècle ». Après un siècle de trahison du socialisme et du communisme, la tâche est ardue, vingt ans après la chute du Mur de Berlin et la fin de régimes disqualifiant l’idée communiste.
Et pourtant Daniel Bensaïd proposait dans le numéro 4 de la revue Contretemps : « Le mot communisme (…) est celui qui évoque le mieux le commun du partage et de l’égalité, la mise en commun du pouvoir, la solidarité opposable au calcul égoïste et à la concurrence généralisée, la défense des biens communs de l’humanité, naturels et culturels, l’extension d’un domaine de gratuité (démarchandisation) des services aux biens de première nécessité, contre la prédation généralisée et la privatisation du monde ».
Pendant ce temps, le capitalisme poursuit son chemin destructeur aggravé par une nouvelle crise financière.
En posant un regard critique sur les expériences passées, en se nourrissant des expérimentations des luttes d’aujourd’hui, la deuxième édition de l’université d’été du NPA est l’occasion de réfléchir collectivement, à travers une vingtaine de débats, avec la diversité de nos sensibilités, à l’invention des outils qui nous permettront de construire ce communisme là et d’imaginer ce que pourra être le socialisme du XXIe siècle.
Bien sûr, nous traiterons également de sujets plus directement en rapport avec l’actualité et nous ferons une grande place à l’actualité internationale, avec de nombreux invité-e-s étranger-ère-s.
Il ne reste décidément plus qu’une chose à faire : s’inscrire sans attendre ! (voir la plaquette ci jointe)
Libertés en danger...
La menace de l’Acta
Depuis le printemps 2008, de nombreux pays négocient l’Acta (Anti-Counterfeinting Trade Agreement), accord commercial destiné à lutter contre la contrefaçon. Le but principal de ce traité est avant tout de forcer les pays signataires, dont ceux de l’Union européenne (UE), à instaurer les mesures de répression de partage d’œuvre sur Internet sous la forme de « riposte graduée » et de filtrage du Net. On comprend mieux pourquoi ce forcing politique sur Hadopi. Cherchant tout simplement à contourner au maximum les processus démocratiques, l’Acta entend imposer par la généralisation de mesures répressives un régime juridique dangereux pour nos libertés. À la suite de diverses fuites d’informations sur ce fameux traité, des organisations commencent à se regrouper. L’Acta peut être considéré comme un « blanchiment de politique » puisque les négociations ont lieu au niveau international et à huis-clos pour court-circuiter les débats démocratiques nationaux et européens. Le traité ne sera pas discuté mais adopté ou rejeté par les parlements. Ensuite, l’Acta, en mettant au même niveau les organisations criminelles et les activités à but non lucratif, ne fait que généraliser une présomption d’infraction. Enfin, dans les négociations, l’UE introduit insidieusement des sanctions pénales pour encouragement ou incitation à la contrefaçon en matière de protection de la propriété intellectuelle, qui ouvrirait une brèche particulièrement dangereuse.
En un mot, la liberté d’expression et les droits fondamentaux sont directement menacés par ce traité qui se négocie dans la plus grande opacité, et les procédures généralisant le contournement du contrôle démocratique sont complètement banalisées. Le texte prévoit des dispositifs destinés à retirer ou filtrer préventivement l’accès à des contenus contrefaits, dès lors que l’intermédiaire a une connaissance suffisante de leur existence. Il demande également que soient adoptées des mesures sanctionnant le contournement des verrous technologiques effectifs, ainsi que toute diffusion, importation ou distribution de ces informations...
Toutes ces informations sur le traité sont bien évidemment dissimulées à la population, puisque la Commission européenne a refusé de communiquer le moindre compte-rendu public des négociations sur l’Acta, malgré les demandes du Parti pirate.
Il y a donc urgence à combattre et à mobiliser autour de ce traité antidémocratique.
Pour plus d’infos sur la quadrature du net.
... et d'Hadopi
Hadopi, la loi répressive et inefficace à multiples rebondissements, à été votée et, depuis le 1er juillet, les premières lettres de « menaces » pour téléchargement illégal devaient être envoyées aux internautes en résistance ou trop négligents. En théorie. Car dans la pratique tout n'est pas vraiment prêt puisque les quatre décrets sont encore en cours de procédure. Frédéric Mitterrand nous l'a assuré, à partir de septembre des messages d'avertissement, on en recevra ! Une fois que la Commission de protection des droits aura donné son feu vert, les 125 000 alertes quotidiennes prévues seront alors traitées en identifiant les adresses IP et en y associant le terrible pirate si c'est une IP fixe. Si ce n'est pas le cas, advienne que pourra ! En effet, le 25 juin, un décret définissant la négligence caractérisée a été publié. Oui, désormais il va falloir sécuriser sa connexion (on ignore encore comment, les supers-rédacteurs ne l'ont pas précisé). Évidemment, on nous expliquera que l'essentiel est la pédagogie et qu'il est essentiel de ne pas télécharger, quitte à nous diffuser le superbe clip Super-Crapule contre Super-Hadopi en boucle (ah non c'est vrai, il y avait un problème de droits d'auteur sur cette vidéo « pédagogique » !). Mais rassurez-vous, de vrais chercheurs travaillent sur les spécifications des logiciels de sécurisation labellisés par la Haute Autorité pour mieux vous protéger... Rien de moins flou à l'heure qu'il est !
Ainsi, sept mois après le vote de la loi, rien n'est vraiment prêt., ce qui nous laisse imaginer que le lourd dispositif d'Hadopi s'avèrera lui aussi inefficace.
Les initiateurs de la loi nous expliquent alors que c'est pour la bonne cause : le droit d'auteur !
Et les retards et imperfections du dispositif seront évacués par le bénéfice pour la culture !
Sauf que là aussi, du côté des ayants droits, les doutes concernant Hadopi se multiplient. Jean-Claude Larue, délégué général du Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (Sell), estime qu'Hadopi n'a pas les moyens de traiter toutes les demandes, qui émanent à la fois de la musique, du cinéma et du jeu vidéo, puisque « Pour surveiller 100 titres et collecter 25 000 adresses par jour, la facture s'élève à 35 000 euros par mois, soit 420 000 euros par an. » Pascal Nègre (Universal) estime quant à lui que le coût du dispositif de surveillance supporté par les ayants droits s'élève à 3 millions d'euros. Alors que va-t-il advenir de cette Haute Autorité ? Hadopi sera-t-elle un jour réellement mise en place ? La suite de l'histoire en septembre !
Illustration: PC INpact
Culture et liberté en danger
Comme chaque année durant la période estivale des festivals, les acteurs du milieu culturel et artistique se mobilisent contre la casse de l’accès à la culture.
Cette année, ces manifestations prennent une tournure particulière, tant les attaques contre les services publics artistiques et culturels sont violentes, entre les restrictions de budget et les statuts toujours plus précaires que subissent de nombreux salariés.
Par ailleurs, la volonté du gouvernement de contrôler toute forme de communication et de protestation, notamment sur Internet via la loi Hadopi, met en péril les libertés individuelles et la liberté d’expression.
Cet été encore, il faudra se mobiliser face au risque de se voir imposer par les capitalistes une forme de culture dénuée de tout sens critique.
Expulsons Woerth et Sarkozy, "parce qu'ils le valent bien" !
Déclaration d’Olivier Besancenot
Les rebondissements de ce qu'il faut bien appeler une affaire d'Etat illustrent une fois encore les liens troubles entretenus par les plus hauts responsables de l'Etat avec la haute bourgeoisie, rappelant qu'il n'y a qu'une seule classe dirigeante, qu'elle soit politique ou économique.
Liliane Bettencourt a réalisé une coquette économie de 30 millions d'euros grâce au bouclier fiscal, géré par une administration des finances dirigée par Eric Woerth. Des policiers de la brigade de répression de la délinquance sur la personne (BRDP) ont retrouvé la trace d'un retrait en espèces de 50 000 euros confirmant les propos tenus par l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, Claire Thibout, au site Mediapart. La justice a ouvert une enquête.
Mis en cause de façon de plus en plus nette, Woerth et Sarkozy s'affichent arrogants et "droits dans leurs bottes" en même temps qu'ils s'assurent mutuellement d'un soutien sans faille. Nous verrons bien comment cette affaire va tourner, mais en attendant, il reste l'image d'un pouvoir politique qui, en même temps qu'il demande à la majorité de la population de se serrer la ceinture, entretient des liens consanguins avec les milliardaires responsables de la crise.
C'est bien cela qui est devenu totalement indécent et insupportable. Ça suffit.
Eric Woerth doit partir et son départ doit donc aussi sonner le glas de sa contre-réforme des retraites
Il a déclaré hier que son "devoir, c'est de tenir et c'est aussi d'être digne de (sa) majorité".
Il a bien raison, parce que c'est toute sa majorité qui est concernée : qu'ils s'en aillent tous et leur politique avec !
"Parce qu'ils le valent bien !"
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