Grève reconductible: on a tous à y gagner !
Après la grève du 22 septembre et la votation citoyenne du 3 octobre, la question de la privatisation de la Poste est au cœur de l’actualité. La situation de la Poste et de France Télécom sont les 2 questions qui ont mis le plus en difficulté le gouvernement depuis la rentrée. Les 2 entreprises n’en faisaient auparavant qu’une, avant la privatisation de France Télécom. Il s’agit donc d’un seul et même processus auquel nous avons affaire, à des degrés d’avancements différents. Alors : stop ou encore pire ?
La privatisation concerne tous les postiers
Certains disent : « De toute façon, la privatisation est déjà là, tout ça ne changera rien. » La privatisation, cela veut dire tout d’abord la possibilité de licencier collectivement, pour « motifs économiques », c’est-à-dire pour le profit. Les licenciements par milliers ne manqueront pas de nous tomber sur la tête. Croyons-nous réellement miraculeusement échapper à la déferlante des licenciements qui touchent le privé et qui continuent même si les médias en parlent moins ?
Le principe de la modulation du temps de travail (modification à volonté des horaires et jours de congé à condition de prévenir 7 jours avant) imposera un rythme de travail qui s’adaptera au « trafic ». Le régime de retraites sera inévitablement aligné avec le régime général ce qui signifie plus de cotisations et moins de pensions. Quant aux droits syndicaux, ils seront moins avantageux : la répression ira croissant, à l’image des Plateformes Industrielles Courrier (les nouveaux centres de tri géants) où il est souvent interdit de parler ou d’écouter son MP3.
L’ambiance risque fort de rapidement ressembler à celle de France télécom, avec des réorganisations accélérées et une pression commerciale omniprésente. Les objectifs de vente ou d’activités chiffrés conditionneront les salaires et les carrières. Il faudra faire mieux que le voisin, sinon, ce sera la relégation ou le licenciement. Voulons-nous travailler dans une boîte où la seule règle soit : marche ou crève ? Voulons-nous d’une société où la concurrence régisse tous les rapports entre les individus ?
Il est possible de gagner
D’autres nous disent : « De toute façon on n’y peut rien, ça doit arriver. » On a bien vu que lors de la crise, certains Etats étaient devenus actionnaires majoritaires de certaines banques. Ce sont des choix politiques : rien n’est impossible.
Au niveau de l’action, quels sont les points d’appui ? SUD, 2me syndicat au niveau national et 1er au niveau de la région parisienne, milite pour la grève reconductible autour de la 3me semaine de novembre. Au niveau de la région parisienne toujours, c’est un intersyndicale CFTC-FO-SUD qui a pris position pour « la grève jusqu’au retrait du projet de loi ».
Il est rare que les salariés d’une entreprise bénéficient d’un soutien massif de la population, comme l’a prouvé la votation du 3/10, avant même de s’être mis en grève. La Poste brasse beaucoup d’argent. Elle est présente partout. Nous faisons tourner la plus grosse boîte du pays. C’est nous qui transportons et trions les lettres, les colis, qui faisons tourner les bureaux de postes, les centres financiers. Si nous nous mettons en branle, nous pouvons faire trembler la direction et le gouvernement. Notre lutte peut avoir un écho national, une grève des dizaines de milliers de postiers ouvriraitune brèche pour les luttes de l’ensemble du monde du travail. Et même un écho international : les postiers de Grande-Bretagne sont en aussi en lutte contre les suppressions d’emplois et la privatisation. Nous ne sommes pas isolés, nous pouvons gagner. Il faut y aller.
Téléchargerle pdf
