A l'origine :

C'est à l'initiative de feu la LCR que nous avons tenté de regrouper à l'hiver 2008 les salariés, les usagers et leurs organisations sur cette question.

A l'origine, les premières annonces de suppressions d'emplois (plus de 600 effectives ou à venir) sur l'hôpital du Havre. Au fond, la recherche d'un outil efficace pour s'opposer au démantèlement du système de santé en cours. Expliquons-nous.

En effet, alors que les effets de la mise en place de la T2A (tarification à l'activité) ont aboutit à la mise en déficit de la plupart des hôpitaux (du centre de proximité aux grands CHU), les plans de suppressions d'emplois se succèdent, au Havre comme ailleurs.

C'est sur ce terreau que la loi Bachelot vient d'être adoptée par le Sénat en mai, dans le cadre d'une procédure d'urgence, dont le minimum constitutionnel de protections démocratiques a lui-même été violé (ajout d'amendements au Sénat non examinés par les députés), la dernière étape avant la publication des décrets étant la validation par la commission mixte (sénat-assemblée).

Cette loi, bien loin des aspects de lutte contre l'alcoolisme et la désertification médicale (sic) affichés pour le grand public, vise la reprise en main des commandes de la santé par l'Etat (création des ARS et de préfets sanitaires tout puissants) afin de permettre le démantèlement de pans entiers du secteur public et leur transfert vers le privé.
Concrètement au Havre, la Générale de Santé se profile vraisemblablement pour réussir un coup sans précédent (et impossible à réaliser avant Bachelot) : devenir le plateau technique de référence d'un territoire de santé de 400 000 personnes en lieu et place de l'hôpital public.

A noter que toutes ces politiques visent à préparer le prochain « paquet » de libéralisation de la prochaine mandature européenne : la santé et les systèmes de protection sociale.

La situation dans le collectif.

Après un bon départ, nous sommes parvenus à rassembler au moins formellement la plupart des organisations syndicales et politiques, plusieurs associations dont trois associations de patients (aides, adeva, vaincre la mucoviscidose). Une première initiative en février 2008 (juste avant les municipales) avait ainsi rassemblé à Dresser plusieurs centaines de personnes. Depuis le collectif a mis en place plusieurs autres initiatives et poursuivi un travail d'information par le biais d'un site et d'un bulletin papier. Nous avons soutenu les mobilisations du secteur et les journées d'actions interpro en pesant pour que la dimension santé publique y figure et l'expérience du collectif a participé à faciliter la création du collectif unitaire pour l'emploi (cf: Tout est à nous - Le Havre n°1).

Pourtant les objectifs n'ont pas été atteint.

D'une part, nous n'avons pas réussi a susciter un réel engagement des organisations, le travail reposant davantage sur des militants isolés du PC, du NPA, de sud et de la LDH.

D'autre part, nous n'avons pas été capable, au delà d'initiatives ponctuelles, de faire militer largement autour du collectif et d'imposer le débat sur la place publique. La situation reste obscure pour le grand public.

Les limites de l'expérience ont des causes multiples, le manque de perspective venant principalement de l'absence de mobilisation des salariés du secteur.

La défection de la CGT santé, pour des raisons locales (anti-sudisme primaire) et nationale (blocage général par la fédération santé CGT de la mobilisation sur la loi Bachelot) ont pesé à plusieurs titres :

  • Dénigrement de l'action du collectif (sur le thème indéfendable « les salariés et les usagers ont des intérêts contradictoires... »)
  • mise en difficulté de l'union locale CGT et des autres syndicats CGT santé-sociaux moins sectaires, mais soumis au diktat ou incapable de trouver les forces de le combattre de l'extérieur (CPAM, SHAS...).
  • Blocage de la mobilisation sur l'hôpital du Havre (comme ailleurs) à plusieurs reprises.

Au delà du blocage syndical, la bataille dans la population était hypothéquée par plusieurs facteurs sur lesquels nous ne pesons pas : difficulté à mobiliser des patients un peu identique aux comités de chômeurs (quand on a besoin de se soigner, on n'a pas envie d'en remettre une louche en militant), phénomène générationnel d'absence de conscience collective sur les questions de la sécurité sociale et de la santé publique, situation sociale difficile par ailleurs...

Sans espérer faire une liste exhaustive des freins à la mobilisation, l'objectivité nous conduit a opérer un petit détour par chez-nous. Lors de la dernière apparition large du NPA (les élections européenne), nous ne disposions d'aucun matériel de propagande sur cette question qui sera pourtant un des dossiers majeurs de la prochaine mandature européenne. Dont acte donc.

Dans ce contexte les médecins ont tenus quasi seul le pavé et la contradiction sur des bases diverses, sans que le mouvement social parvienne à se greffer sur le débat médiatique occasionné par le passage de la loi dans les chambres.

Que faire ?

Sur l'hôpital, les suppressions d'emplois et les démantèlement de secteurs vont continuer. La remise en cause des RTT consécutive aux suppressions d'emplois a été décalée pour ne pas percuter le débat parlementaire. L'ouverture du pôle mère-enfant en septembre va occasionner un immense bazar. Au plan national, les décrets d'application de la loi bachelot ne sont pas encore promulgués.
Le collectif envisagera les perspectives pour la rentrée au moi de juin.
Malgré les difficultés, la construction du cadre unitaire reste notre tache politique des prochains mois.

Pour trouver les archives et les initiatives du collectif : http://sauvonslasante.lh.free.fr/.