La dette: le casse du siècle !
| Pays | 2007 | 2010 |
|---|---|---|
| Grèce | 96% | 126% |
| Irlande | 25% | 97% |
| Italie | 104% | 120% |
| France | 64% | 83% |
| Etats-Unis | 62% | 93% |
| Royaume-Uni | 47% | 81% |
En France, le remboursement des intérêts de la dette est devenu cette année le premier poste budgétaire, soit 48,8 milliards d’euros, alors que l’enseignement scolaire, par exemple, représente 45,5 milliards (hors pensions) ! Le remboursement de la dette coûtera cette année près de 160 milliards d’euros !
Qu’est-ce que cette dette ?
La dette publique: Des cadeaux fiscaux pour les plus riches et les entreprises. Des dépenses publiques en faveur des banques et des entreprises
D’où vient cette dette ?
Les dettes publiques, déjà importantes avant la crise, ont explosé avec cette dernière. Depuis les années 1980, les gouvernements, qu’ils soient de droite ou socio-libéraux, ont mis en place la mondialisation néolibérale, mettant en concurrence les travailleur-se-s de tous les pays. Cette concurrence a servi de prétexte aux cadeaux fiscaux et aux allègements de cotisations sociales dans tous les États. La suppression de la taxe professionnelle et la réduction de l’impôt sur la fortune ne sont que les derniers cadeaux d’une très longue série.
Ce déséquilibre entre recettes et dépenses est compensé par l’emprunt, c’est le double effet kiss-cool !
À partir de 2008, tout s’accélère. La récession économique entraîne moins d’impôts encore et plus de dépenses. Une partie de ces dépenses est légitime (indemnités chômage, aide sociale en période de crise) mais l’autre pas (aide massive aux banques et aux constructeurs automobiles).
- Pour les riches et les patrons, c’est double bénéfice: moins d’impôts et un placement sûr avec intérêts, le prêt à l’État.
- Pour les usagers des services publics, c’est la double peine: moins de moyens et encore plus de dépenses pour payer les intérêts.

Cadeaux fiscaux et déficit budgétaire, en % du PIB - Source des chiffres: rapport Carrez (rapport d’information sur les finances, Assemblée nationale, 2010).
Dette d’un État = Dette d’un ménage ?
NON ! Le discours dominant justifie le payement de la dette publique par analogie au budget d’un ménage: « On ne peut vivre au-dessus de nos moyens ». Mais contrairement à un ménage, l’État peut augmenter ses ressources en augmentant ses impôts. En supprimant les cadeaux fiscaux faits aux plus riches depuis 2000, ce sont près de 50 milliards par an qui rentreraient dans les caisses de l’État. Dire que l’État dépense trop est un mensonge. Avant la crise, les dépenses publiques représentaient 52,3 % du PIB, trois points de moins qu’en 1993.
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