Nous ne débattrons pas.
A l’occasion de la tenus au Havre d’un débat sur l’identité nationnale, nous publions un texte co-signé par le NPA ainsi que par la CGT, SUD Education, le SNUIPP, le PS, le MJS, le PCF, PJCF et la LDH.
Nous ne débattrons pas.
Vous vous apprêtez à participer au débat initié par le gouvernement sur l’identité nationale.
Nous sommes ce qu’il est communément appelé un corps social, inséré dans la République et contributif de son espace démocratique.
Nous mesurons donc que ne pas se rendre à une sollicitation du représentant de l’Etat n’est pas banal et porte un sens politique.
- Nous ne viendrons pas parce que nous ne sommes pas dupes de l’opération à visée électorale, à destination de l’extrême droite.
- Nous ne viendrons pas, parce que pour nous, l’identité de notre pays ne peut être marquée d’un quelconque sceau ministériel et encore moins d’une hypothétique loi la définissant.
Pour nous, quand un gouvernement entend cadrer ce qui relève de la mémoire historique, il y a tout lieu de s’inquiéter de la réalité de notre démocratie.
L’histoire de nos organisations est liée intimement, sans en avoir l’exclusivité, à nombre de grandes réalisations sociales.
La protection sociale, le mutualisme, la structuration des services publics contribuant à l’égalité de traitement des citoyens, le code du travail…
Ce sont en définitive des règles communes qui fondent largement notre République auxquelles nous avons contribué.
Ce sont souvent les capacités de révolte, de contestation de l’ordre établi, quand il met en danger le commun qui a permis à ce pays de développer un haut niveau d’exigences sociales.
Il ne saurait y avoir pour nous, de rapport entre les citoyens et la nation, déconnecté de la question sociale.
Dans la mesure où le gouvernement, réforme après réforme, adapte les pratiques publiques aux seuls besoins de la finance, dénoue les solidarités, il ne saurait être question pour nous de participer de quelque manière que ce soit, à cette mascarade dont l’objet essentiel semble de justifier une politique d’agression envers les populations les plus fragiles de notre territoire.
L’identité d’un pays n’est pas le fruit d’une négociation, mais le résultat de faits historiques.
Notre pays, et notre département singulièrement ont creusé leurs développements par l’apport de citoyens venus du monde entier.
Par leur force de travail, ils ont contribué aux grands travaux structurant notre économie, dans l’industrie singulièrement.
Ils ont fait de leurs apports une richesse, contribué au rayonnement de la France dans le monde par la capacité de notre société à accueillir, former, éduquer les citoyens quelles que soient leurs origines sociales et géographiques.
Le Ministère de l’immigration est synonyme pour nombre de nos concitoyens (et nous pensons à juste titre), de Ministère de la discrimination, il doit disparaître.
Notre contribution «au vivre ensemble», à nous, c’est notre engagement aux côtés des salariés sans papiers pour leur régularisation, pour que ceux-ci puissent devenir des citoyens à part entière, à égalité de droit avec les autres salariés, ce n’est pas la division entretenue de manière démagogique par ce gouvernement qui au final tire vers le bas, l’ensemble des droits sociaux et des garanties collectives.
- Notre engagement à nous, ce n’est pas une séance en salons préfectoraux d’autocongratulations d’une France chauvine qui se prendrait pour le phare du monde, mais les solidarités que nous construisons avec les syndicalistes à travers le monde pour une élévation des conditions de vie et d’existence sur l’ensemble de la planète.
- Notre engagement à nous, c’est l’action pour le maintien, le développement de services publics, au service de tous, que l’on habite à la ville ou à la campagne, et cela quel que soit le niveau social de nos concitoyens.
- Notre engagement à nous, c’est la mobilisation pour la défense de nos emplois qui fondent la richesse sociale, économique, et culturelle d’une nation développée.
Pour toutes ces raisons, et pour bien d’autres, nous ne participerons pas à une réunion sous l’égide d’un Ministère que nous considérons comme le pire Ministère que la République ait connue depuis la libération.
