Les classes populaires souffrent des conséquences souvent dramatiques de la politique des classes dominantes et de l’État alors que ces derniers affichent leur autosatisfaction. Cyniques et indifférents, ils s’engagent dans une fuite en avant accentuant les aberrations économiques et sociales qui ont conduit à la crise. Les plans de relance n’ont d’autre objectif que d’alimenter les profits et spéculations des financiers et des banques. Pour accroître la compétitivité et la rentabilité des entreprises, gouvernement et patronat multiplient les attaques contre les salariés. Loin de répondre à la crise qu’ils ont eux-mêmes provoquée, ils l’entretiennent et aggravent la récession. Tous les services publics sont dans la ligne de mire. Les jeunes qui subissent les atteintes répétées au droit aux études, les femmes qui voient remis en cause le droit à l’avortement, sont particulièrement visés.

À la crise économique majeure du capitalisme s’ajoute une crise écologique d’une exceptionnelle gravité, la crise climatique. Lors du sommet de Copenhague, les dirigeants des principales puissances de la planète n’ont pas permis d’accord contraignant permettant de relever le défi. Comme le dit Chavez, « si le climat avait été une banque, ils l’auraient sauvé ».

Qu’importe le prix payé par la société à cette politique à courte vue, l’égoïsme et l’avidité aveuglent les maîtres de ce monde. Il y a urgence à inverser le rapport de forces, à leur donner un coup de semonce.

Les élections sont des moments importants pour dénoncer la folle politique des dirigeants, défendre un programme répondant aux besoins de la population, de ses droits, regrouper le plus grand nombre autour de ce programme.

C’est bien pourquoi l’enjeu de ces élections régionales est aussi un enjeu national. Ce sera l’occasion de mesurer les rapports de forces politiques au niveau du pays, l’occasion aussi pour chaque parti de défendre ses réponses à la crise, sa politique, de les faire avaliser par les électeurs. Ainsi s’agit-il, pour la droite au pouvoir, d’obtenir l’approbation de sa politique libérale afin de continuer à la mener au service exclusif d’une minorité de privilégiés.

La question sociale, celle des licenciements, du pouvoir d’achat, des services publics, celle de la politique des classes dominantes et de leur État, de l’alternative au libéralisme et au capitalisme seront au cœur des débats. La question écologique qui implique des choix radicaux sera elle aussi centrale. Défendre les exigences du monde du travail, contre les politiques de la droite au gouvernement et de la gauche libérale dans les régions.

Les conseils régionaux n’ont pas les pouvoirs de contrecarrer les politiques décidées par les multinationales et le gouvernement qui plongent le pays dans un profond recul social, écologique, démocratique. Mais ils pourraient être le lieu de contre-pouvoirs ou au moins, dès aujourd’hui, devenir pour les partis qui ne se plient pas à la politique libérale, à la logique destructrice du capitalisme un cadre de lutte politique pour la défense des intérêts des classes populaires et du climat, un point d’appui pour les mobilisations.

Dans ces élections, il s’agira également pour la droite de prendre sa revanche sur le PS qui a conquis 20 régions en 2004. En difficulté, Sarkozy cherche à se redorer le blason électoral en déportant le débat sur le terrain nauséabond de « l’identité nationale », pour tenter de faire oublier la crise sociale et écologique.

Le PS n’a d’autre souci que de sauvegarder le maximum de positions conquises en 2004 alors qu’il a mené dans les conseils régionaux une politique libérale qui a le plus souvent reçu l’aval des élus de droite. Le petit monde des partis institutionnels a les yeux fixés sur l’horizon 2012. Bien plus que de répondre aux aspirations de la population, de la jeunesse, ils ne sont soucieux que de leurs ambitions personnelles ou des intérêts de leur parti, de leurs élus. Le FN est en embuscade, avec sa démagogie raciste et sécuritaire.

Pour le NPA, ces élections seront l’occasion de permettre aux travailleurs, aux classes populaires de dire qu’ils en ont assez de ces politiques menées par la droite au gouvernement ou par la gauche libérale dans les régions, politique qui distribue cadeaux et subventions au patronat et aux classes privilégiées. L’occasion de défendre leurs exigences pour ne pas payer les frais de la crise, de se donner aussi des porte-parole qui font entendre leur révolte, leurs exigences, leurs droits.

Elles seront une tribune pour mettre en échec l’offensive politique de la droite et du patronat, pour populariser un programme d’urgence pour les travailleurs et la population face à la crise et à la faillite des politiques libérales. En un mot œuvrer pour unir le monde du travail et ses organisations pour changer le rapport de forces, battre la droite, sa politique.

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