Un programme de rupture sociale, écologique et démocratique

Avec les transports gratuits,un plan radical pour l’environnement

Au-delà des discours, les majorités régionales de gauche se sont contentées, sur le terrain de l’écologie, de mesures de saupoudrage. Dans le même temps, elles ont continué à favoriser des intérêts patronaux contradictoires avec la défense de l’environnement. Un plan alternatif intégrera de nombreux terrains d’action. Le retour au public des services privatisés en fait partie, puisque c’est une fois libérés des impératifs du profit capitaliste qu’ils pourront être organisés dans un but de satisfaction écologique des besoins sociaux. De même, les Régions peuvent imposer des critères écologiques pour la construction et rénovation des infrastructures qu’elles financent, et soutenir le fret ferroviaire face au tout-camion.

En cessant de subventionner les entreprises de l’agro-alimentaire, en réservant les aides régionales aux petits producteurs et en les conditionnant au respect de critères écologiques, en se dotant d’une politique afin de contre carrer la spéculation foncière, les Régions disposent également de moyens de contrer les effets de l’agriculture productiviste qui pollue et épuise les sols comme les ressources hydrauliques.

C’est dans le domaine des transports que l’action la plus efficace peut être menée. Aux conséquences de la circulation automobile sur le changement climatique s’ajoutent les maladies et allergies générées par les pollutions, sans parler des nuisances sonores et des accidents. Huit habitants sur dix ont une voiture, à laquelle ils consacrent 20 % de leur budget. 80 % des déplacements urbains et périurbains sont inférieurs à 100 kilomètres, et 67 % d’entre eux à 2 kilomètres. Les véhicules particuliers sont responsables de 65 % des émissions de CO2 dues à ces déplacements, les véhicules utilitaires y entrant pour 30 %, les transports en commun pour 3 % et les deux-roues pour 2 %. Il n’y aura pas de réduction suffisante des gaz à effets de serre sans une diminution drastique de la circulation automobile, et la seule alternative à l’automobile est le développement des transports collectifs. Directement en charge des transports intra-régionaux (TER – trains express régionaux – et lignes d’autocars dans 21 régions, ensemble des transports collectifs en Île-de-France), les Régions peuvent jouer un rôle déterminant, en engageant un processus qui ne pourra ensuite que se généraliser. C’est pourquoi nous proposons d’instaurer partout, au cours de la prochaine mandature, la gratuité des transports collectifs régionaux. Ceux-ci ne pouvant se développer que dans le cadre des monopoles publics, cela impliquera d’abroger la décision (prise par la droite mais appliquée avec zèle par le gouvernement PS-PC-Verts de Jospin dès 1997) de création de Réseau Ferré de France, prélude à la libéralisation des chemins de fer.

Impératif écologique, la gratuité des transports a aussi un contenu social évident : défense de l’environnement et mise en application du droit à se déplacer se rejoignent. Contrairement aux idées reçues, elle n’a rien d’irréalisable ni de très compliqué. Les recettes de billetterie ne couvrent qu’entre 17 % et 30 % des coûts, le reste provenant pour l’essentiel de subventions publiques. Une partie importante si ce n’est la totalité de ces montants pourrait être couverte en généralisant à l’échelle nationale la contribution transport des entreprises, en la portant à 100 % du trajet domicile-travail des salariés, ainsi qu’en taxant les entreprises (grandes surfaces, promoteurs immobiliers…) qui bénéficient du service public des transports sans y contribuer aujourd’hui. Cela implique aussi de réduire les budgets affectés au réseau routier : on ne peut, comme le font aujourd’hui toutes les régions, clamer la priorité aux transports publics, et maintenir des budgets pour des projets routiers inacceptables et très coûteux (tunnels, liaisons 2×2 voies, etc.).

La gratuité devra naturellement aller de pair avec une politique d’amélioration, développement et extension du service public des transports. L’abandon de projets (lignes à grande vitesse, aéroports, métro automatique « grand 8 » en Île-de-France…) démesurés, dépourvus d’utilité sociale, conçus uniquement pour la concurrence capitaliste et la rentabilité financière, permettra dans une large mesure de dégager les moyens nécessaires.

La gratuité des transports débouchera aussi sur un développement de l’emploi public, socialement utile. Les embauches nécessaires s’accompagneront de la reconversion des agents qui étaient chargés des contrôles dans des missions d’accueil, d’information et de sécurité au service des usagers.

Fichiers attachés:

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