Réponse au questionnaire de la Maison de la Culture du Havre
La maison de la culture du Havre nous a adressé un questionnaire pour connaitre le point de vue de notre liste conduite par Christine Poupin aux élections régionales sur le bilan et les évolutions nécessaire de la culture au Havre.
Vous retrouverez nos réponses ci-dessous.
1) Etes-vous attaché à la clause de compétence générale des collectivités locales ?
Nous sommes pour le maintien de la clause de compétence générale. En effet cette clause donne lapossibilité pour les collectivités territoriales de répondre à des besoins sociaux insuffisamment pris en compte par l’Etat. Elle serait supprimée pour les départements et régions au moment où l’Etat se désengage de tous les services publics. Cela signifie une menace supplémentaire pour la culture, la santé, les services sociaux, les associations…
2) Que comptez-vous faire si cette compétence générale devait être remise en cause, en particulier vis-à-vis des acteurs culturels que la Région subventionne actuellement ?
Nous commencerions par dénoncer cette remise en cause et essayer d’informer les citoyens des conséquences. D’autre part si cette menace était mise à exécution et si nous n’avons pas pu l’empêcher nous nous battrons pour que les services publics reprennent en charge, notamment financièrement les secteurs délaissés. Enfin si nous avons des élu(e)s au Conseil Régional nous proposerons toutes les mesures nécessaires pour financer ces besoins sociaux qui devraient être pris en charge par la clause de compétence, en prenant par exemple sur une partie de l’argent public actuellement versé par le Conseil régional sous forme de subventions aux grands groupes qui font des bénéfices et licencient comme Renault, Total et GSK.
3) Quel est votre programme dans le domaine culturel ? (budget, outils (FRAC, Pôle images, Agence Régionale du Livre, ODIA, Automne en Normandie…), répartition des fonds entre les différents territoires, en particulier moyens pour l’agglomération havraise, poursuite des subventions aux acteurs que la région soutient actuellement, soutien à de nouveaux acteurs…)
L’accès à la culture doit être garanti sur tout le territoire. Pour le NPA, la culture doit s’envisager comme un service public. De ce fait, le NPA défend l’extension de la gratuité pour tout un ensemble de services lié aux domaines culturels, au même titre que le droit à l’éducation ou la santé doit être pensé comme un droit.
La situation havraise est catastrophique (voir nos réponses aux questions suivantes). De nombreuses
structures ferment par volonté politique de la majorité municipale (Petit Volcan, Eden, Cabaret electric) ou
sont en situation très difficile faute de moyens suffisants (c’est le cas de l’Iliade par exemple) ou survivent
très difficilement (Théâtre des Bains douches).
On s’aperçoit en outre que rien n’est prévu pour pallier aux fermetures successives de structures. Il y au Havre une volonté d’uniformiser l’offre culturelle et de s’adresser au plus grand nombre en misant sur des équipements de grande envergure (Docks, Gaumont, Grand Volcan) aux dépens d’identités individuelles plus modestes mais détentrices d’éclectisme dans tant les publics que dans les supports.
Sur le soutien aux différentes agences associatives impliquées dans la mise en œuvre de la politique régionale en matière culturelle, nous pensons qu’elles doivent être plus soutenues financièrement mais aussi qu’elles doivent pouvoir bénéficier de l’indépendance nécessaire à leur fonctionnement et à l’exercice de leurs missions qui sont des missions de service public. Enfin leurs salarié-e-s doivent bénéficier de conditions de travail et des salaires décents.
4) Quels sont, selon vous, les enjeux du Havre et de son agglomération dans le domaine culturel ?
La population havraise est une population essentiellement ouvrière. Elle paie un lourd tribut à la crise économique et sociale actuelle car depuis 2 ans les licenciements et les suppressions d’emplois n’ont pas cessé. Sans les citer tous, quelques exemples : 1300 suppressions d’emplois à Sandouville, et ses conséquences sur les sous-traitants (Faurecia, Plastic omnium, Cooper), 500 à l’hôpital, 270 à Total etc. Le chômage et la précarité explosent et les conditions de vie se dégradent. Dans ce cadre, les besoins sociaux qui s’expriment sont immenses : emploi, logement, santé (le Havre reste la « grande » ville de France avec l’état sanitaire de la population le plus dégradé), transports.
Comme partout en France, les services publics sont démantelés à grands coups de suppressions d’emplois et de délégations au privé : fermetures de bureaux de poste, d’écoles etc. Les attaques contre les équipements culturels (Voir ci-dessous, notamment sur la question de la restructuration du Volcan) s’intègrent dans ce cadre. Le NPA défend le droit à la culture comme un droit fondamental, car il signifie droit au loisir, au plaisir, au temps libre, développement de l’esprit critique, ouverture aux formes artistiques les plus variées et soutien aux plus audacieuses. Ce droit à la culture ne peut être garanti quand on ferme des équipements ou quand on étrangle financièrement les autres.
5) Dans le cadre du contrat d’agglomération 2009-2013, la Région apporte un financement à la réhabilitation de l’espace
Oscar Niemeyer.
a. Que pensez-vous de la restructuration voulue à cette occasion par la Municipalité ?
La transformation de la Maison de la culture en EPCC est la traduction de la politique gouvernementale autour de la RGPP. En effet, au même titre que la création des agences dans certains domaines, la recentralisation de certaines activités, la redéfinition du périmètre de la structure et surtout la reprise en main (notamment de la programmation) par la mairie du Havre nous semble un coup de plus porté contre l’indépendance de la culture. L’argument de la nécessaire rénovation et mise aux normes des bâtiments ne doit pas masquer le projet qui est derrière.
Plus précisément, approuvez-vous :
- La suppression du petit Volcan qui serait transformé en médiathèque ?
Le NPA dénonce la fermeture du Petit volcan. Un tel lieu, avec une jauge intermédiaire, rend possible la diffusion de spectacles qui ne peuvent trouver leur place au Grand Volcan, mais surtout joue un rôle de soutien à la création. La municipalité défend (mal !) son projet de future médiathèque car aux yeux de nombreux usagers des structures culturelles de l’espace Niemeyer (Volcans, Eden, Cabaret Electric) cette restructuration apparaît aujourd’hui clairement comme une attaque contre la culture et sa diffusion.
Car au final, c’est bien à une diminution de l’offre culturelle que va conduire ce projet : moins de films diffusés, notamment les films « différents » qui ne trouveront jamais leur place dans un multiplexe, moins de spectacles, moins de créations, moins de concerts.
L’argument de la promotion de la lecture publique est un prétexte : nous avons toujours été favorables au développement et à l’ouverture de bibliothèques mais ce projet-là relève plus d’une logique clientéliste. On sert les ménages aisés (et âgés) du centre-ville, la clientèle électorale de l’UMP, à 300 m de la bibliothèque Armand Salacrou ( !), alors qu’une autre implantation (dans le quartier du Rond-point, par exemple) aurait permis de toucher une population socialement défavorisée et qui pour l’heure est exclue de la culture.
- La révision à la baisse de la capacité d’accueil du grand Volcan ?
A l’image de la fermeture d’équipements, elle signifie au final toujours moins de spectateurs et toujours
- La suppression du cinéma l’Eden (momentanément fermé pour cause de sécurité), reconverti en salle de répétition ?
Avec la probable future fermeture de l’UGC, puis celle pour travaux du Sirius, la population havraise ne va plus avoir beaucoup le choix ! Ne resteront que le multiplexe Gaumont des Docks et le ciné-club le Studio. Autant dire que les films critiques, ceux qui font réfléchir et donnent envie d’agir, ou en VOST, n’auront plus beaucoup d’espace. C’est pour nous inacceptable.
- Le départ du Cabaret Electric, vers un lieu non encore déterminé ?
La mairie, contrairement à ce qu’elle annonçait, n’a pas prévu la continuité de la programmation. Actuellement 200 groupes répètent dans les locaux du Cabaret (SMAC), sans compter les centaines de concerts ou soirées organisées chaque année. Alors oui, on pourrait avoir un lieu plus fonctionnel, plus pratique. Mais la politique de la mairie UMP ne consiste pas à améliorer l’existant : on ferme d’abord les lieux et ensuite on réfléchit à d’éventuelles suites ! Pour l’heure, la fermeture du Cabaret electric va signifier la fin d’une programmation régulière, la fin du soutien concret, professionnel, aux artistes locaux. Et même si la mairie décide au final de reconstruire des locaux de répétition et d’ouvrir un chapiteau à Tourneville pour quelques concerts le compte n’y sera pas ! Sans parler du problème des transports publics pour s’y rendre.
- L’éclatement d’un espace dédié aux différentes formes du spectacle vivant où se côtoient actuellement des publics d’âges et d’intérêts différents ?
C’est extrêmement dommageable. Le NPA défend également une certaine forme de rééquilibrage des attributions financières de chacun et afin, par exemple, de revaloriser le secteur musiques actuelles qui reste le parent pauvre du secteur culturel alors qu’il est l’un des plus créatifs, des plus fédérateurs, des plus accessibles. La fréquentation du Cabaret Electric, avec près de 40 000 spectateurs estimés sur cette saison en cours, en témoigne.
b. Pendant les travaux de réhabilitation de cet espace, comment ferez-vous pour que les habitants de notre
agglomération continuent à bénéficier des concerts de l’orchestre de l’Opéra de Rouen et des spectacles
d’Automne en Normandie?
Le NPA défend le développement et la gratuité des transports au niveau régional. Cela implique la possibilité pour chacun-e de se rendre à un spectacle à Rouen ou ailleurs sans surcoût. Mais la municipalité doit trouver des solutions pour organiser la diffusion de ces concerts : elle choisit de
fermer un lieu, à elle de permettre la continuité de la diffusion. C’est de sa responsabilité. Le hors les murs ne saurait être une substitution qui dédouanerait la ville de ses responsabilités intra muros. Par ailleurs, nous pensons que l’Opéra de Rouen n’est pas le plus mal loti dans le cadre des subventions allouées aux établissements et structures culturels.
Nous pensons que ces structures devrait mettre en place un travail d’initiation et de découverte autour de ce type de spectacles dans les quartiers du Havre (ville haute, quartiers sud) afin d’élargir les publics et ne plus être réservé à une population privilégiée.
6) La Région subventionne la programmation du Volcan, établissement public de coopération culturelle, sans être
représentée au conseil d’administration.
a. Souhaitez-vous que la Région siège au conseil d’administration ?
Pourquoi pas ? La question est de savoir qui siègerait pour représenter la Région et pour y défendre quelle politique culturelle ?
Quelles missions et quels objectifs fixez-vous à cet établissement ? En particulier, estimez-vous que la diffusion du cinéma d’art & essai, l’initiation au cinéma et à l’image, font partie de ses missions ?
Oui.
Comment allez-vous peser pour que ces missions et objectifs soient respectés ?
Si nous sommes élus en défendant ces missions. Mais aussi en nous appuyant sur le public et les citoyens qui sont prêts à se mobiliser pour les défendre.
Comment allez-vous faire évoluer les subventions attribuées au Volcan ?
Savoir à quoi on consacre l’argent public est une question de choix de société. Actuellement beaucoup de subventions vont aux grandes entreprises privées par le biais de subventions directes ou indirectes (par la formation professionnelle ou l’aide à l’apprentissage), aux lycées privés. Nous pensons que cet argent serait consacré bien plus utilement s’il servait à financer la culture, l’éducation, la santé, les logements sociaux…
Dans le cadre du contrat d’agglomération 2009-2013, la Région apporte son financement à la création des nouveaux territoires de l’art (NTA) dans le quartier de l’Eure, censés accueillir le centre chorégraphique national, un centre d’art contemporain, une scène de musiques actuelles et un centre d’expressions musicales. Le contenu de ce projet est en train d’évoluer. Or les services de la Région doivent être associés à la réalisation de ce projet. Dans quel sens souhaiteriez-vous faire évoluer ce projet et quelle évolution du projet seriez-vous prêt à
accepter ?
Le regroupement de ces différentes structures n’est pas en soi un problème. Mais le projet de tramway ne prévoit pas de desserte de ce quartier. L’offre de transport dans l’agglomération est inadaptée et ne permettra pas une accessibilité réelle de ce lieu, notamment pour les jeunes. Nous ne défendons pas le fait que toute l’offre doive être centralisée au centre-ville, mais la municipalité et la CODAH font les choses à l’envers. Donc la priorité doit être de proposer des équipements accessibles, à prix modique. Par ailleurs, les projets actuels sur ce sujet sont très flous : l’exemple de la SMAC en est la preuve.
